Florimon-Louis de Kerloar

Conversations

Le toucher rectal


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Tous nos textes, Fidèle, sont déposés à la Société des gens de lettres, Paris. Sois gentil, tu t’en inspires dans la vie si tu veux mais sur papier ou à l’écran, cherche ta muse ailleurs. Bonne lecture !


Il y a quelques instants, sur IRC, un jeune homme nous aborda pour partager son problème. Nous ne savons pourquoi il choisit notre pseudo mais la chose nous étant familière, nous lui accordâmes un peu de temps. Il disait être tout juste majeur et, nous écrivit-il, pas encore pubère. Il paraît que cela arrive ; nous n’allâmes pas vérifier ses dires mais nous doutions qu’il fût effectivement majeur. Son prof de natation, un métis très bien monté, lui expliquait depuis un mois qu’en stimulant sa prostate, il allait l’aider à accélérer sa puberté. Ainsi l’enculait-il, après chaque leçon, lui faisant mal au passage, ce jeune homme étant vierge (famille très catholique, aucune éducation sexuelle). Toutefois, il acceptait la chose sans broncher, croyant sentir dans sa douleur l’évasion de son retard sexuel. Nous lui dîmes que c’étaient des conneries, que son professeur voulait juste le sauter, etc. Il insista pourtant.

Lui . Il dit que j’ai l’anus très petit parce que je suis pas encore pubère.
Nous . La taille de l’anus n’a rien à voir avec la puberté. Ton prof est un con qui veut juste te sauter, je te le dis.
Lui . Il a déjà poussé pour rentrer son penis, mais ça me fait super mal, ça m’écarte trop. Il a rentré mais j’ai crié à cause de la douleur.
Nous . Ouais, bah arrête, c’est juste un con.
Lui . Ben lui il dit qu’il peut toucher ma prostate comme ça et accélérer ma puberté et mes poils. Mais moi j’ai vraiment une très grosse douleur quand il est dedans.
Nous . Si en plus tu me dis que t’as pas envie, je ne vois pas pourquoi tu te laisses faire.
Lui . Ben pour la puberté.
Nous . C’est des conneries, je te dis, il veut juste te sauter parce que ça l’excite. Il n’en a rien à foutre de ta puberté.
Lui . Tu crois que ça l’exite de rentrer son penis ? Il m’a dit que c’est juste pour m’aider, il m’a dit que c’est pas dangereux pour mon anus même si j’ai mal.
Nous . Là, tout ce qu’il fait, c’est habituer ton cul à encaisser des coups de queue. Ça accélère en rien une puberté, ça. T’es naïf mon pauvre, mais bon… c’est normal, y’a pas de quoi crier au loup. Par contre, il veut juste te sauter, c’est tout.
Lui . Il a fait plusieurs fois mais il a vraiment 5,5cm de large et ça me fait crier à chaque fois, je sais pas si c’est normal cette douleur, même au fond j’ai mal quand il va trop profond. Et tu sais ça coule après, j’ai dû laver mon maillot de bain plusieurs fois, ça c’est dégoûtant.
Nous . Bah c’est son sperme. J’espère pour toi qu’il n’est pas séropo, ton prof. Si c’est le cas, tu prends toi aussi le risque de choper le SIDA. Va faire un test anonyme et gratuit au plus vite.
Lui . C’est son sperme tu es sûr ? Il m’a pas dit ca.
Nous . Nan, il t’a dit quoi ?
Lui . Il m’a dit que c’est un liquide qui coule de mon anus, mais c’est blanc aussi.
Nous . Il met une capote ?
Lui . Non il rentre directement son sexe.
Nous . Il jouit en toi ?
Lui . Je sais pas.
Nous . Quand il sort sa queue, il débande ?
Lui . Oui quand il sort il a le zizi qui est devenu mou.
Nous . Bah il jouit en toi, c’est son sperme.
Lui . Ben pourquoi il met son sperme ? Il fait exprès ou il se rend pas compte ?
Nous . Nan, il fait exprès… Mais c’est ça une relation sexuelle, hein. C’est le but.
Lui . Il m’a pas dit que c’est le but, il m’a dit qu’il veut juste me toucher la prostate pour ma puberté.
Nous . Je t’ai déjà répondu sur ça, c’est des conneries. Il veut juste se vider les couilles, point.
Lui . Bon alors je vais arrêter et je vais faire le test.

L’éducation sexuelle dans notre pays, c’est pas encore ça, hein, surtout dans certains milieux. Tou-te-s ces moralistes qui en font un tabou inscrit dans les tables de la loi comme la connerie dans leur pensée réduite, ne feraient-ils et elles pas mieux d’aller se branler ailleurs que sur l’innocence supposée de toute une génération qu’ils et elles disent vouloir préserver ? Mais, à la fin, de quoi veulent-ils et elles les préserver ? De leur nature humaine ? De leurs désirs ? Que protègent-ils et elles de leur silence sinon le fond de commerce si rentable qui leur permet d’exister ?

22 juillet 2012, Île-de-France, France.


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